Archive pour avril 2011
Casino à la Seyne : Le maire Sanary demande des dommages et intérets au groupe Joa
Quand on fait une promesse de marché avec un maire, on a intérêt à bien le tenir. Le groupe Joa, opérateur dans les casinos, l’a appris à ses dépens. Le maire de Sanary lui réclame aujourd’hui 83 millions de préjudices, car il estime que le groupe aurait dû construit son casino à l’endroit initialement convenu et que son désistement n’est pas entièrement justifié.
Un projet pour bloquer un autre
Les hostilités ont démarré lorsque le maire de Sanary appris que Laurent Lassiaz, patron du groupe Joa (troisième grand opérateur français en jeux après Barrière et Partouche) était allé tout récemment à La Seyne. Il y était pour conclure avec la municipalité locale une DSP (Délégation de Service Public) dans le but de construire un casino seynois. Le maire n’a pas digéré cette initiative car il avait déjà accordé, en 2006, à ce groupe la réalisation d’un projet de construction d’un casino dans sa ville. Aujourd’hui, le groupe s’est détourné de sa commune pour se tourner vers celle de La Seyne. Ferdinand Bernhard, maire de Sanary, confirme donc sa volonté d’initier une procédure contre Joa. La procédure qui en est à sa phase finale sera, en principe, en route dans les semaines qui suivent. Il poursuit en annonçant qu’il alertera le Conseil Supérieur de la concurrence. En effet, la raison avancée par le groupe Joa de son désistement à Sanary pour un nouveau casino serait d’ordre économique, or, d’un autre côté il préparait un autre projet du même type à La Seyne. Aussi le maire souhaite-t-il être fixé si de tels agissements obéissent effectivement aux règles de la bonne concurrence. Autrement dit, le maire estime que le groupe Joa n’avait pas une réelle volonté de construire son casino à Sanary, le projet était uniquement destiné à dissuader un éventuel autre casino concurrent à s’implanter à Sanary.
La revanche de la commune
Ferdinand Bernhard estime le préjudice que sa municipalité a subi, à 83 millions d’euros. Il n’a pas manqué de faire le parallèle avec un autre projet où la commune avait conclu la construction d’une piscine avec un prestataire. Le projet a été annulé et la commune a été contrainte d’indemniser le titulaire du marché. À l’issue d’une délibération accomplie en 2009, le conseil municipal a arrêté la somme de 83 millions d’euros comme la valeur correspondante à la non-réalisation de programmes d’investissement, la perturbation du budget communal, au ternissement de l’image de marque de ville et aux pénalités inhérentes au retard d’exécution du projet. Bref, une non-construction de casino qui va couter 83 millions d’euros !
Une menace de démolition
En fait, le Joa n’a pas réalisé son casino à Sanary car il prétendait qu’une démarche d’annulation de son permis de construire a été entamée par les riverains du domaine, auprès du tribunal administratif de Toulon. Aussi craignait-il de recevoir un arrêté de démolition du casino en cours ou en fin de construction. D’autre part, le ministère en charge des jeux ne lui aurait octroyé qu’une licence pour une cinquantaine de machines à sous alors que la rentabilité de son casino n’est positive qu’avec une centaine de machines.
En attendant, la commune de Sanary a trouvé un nouveau partenaire, le groupe Viking, dont la demande de permis de construire pour un autre nouveau casino devrait être introduite en juin.


